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Se couvrir en bourse : l'art de protéger son portefeuille sans sacrifier la performance
Blog
Temps de lecture: 3 minutes
Que signifie réellement “se couvrir” ?
Se couvrir ne consiste pas à éliminer le risque, mais à le gérer intelligemment. Dans nos portefeuilles en Gestion, cela revient à réduire l’impact des scénarios défavorables, tout en conservant une capacité de performance. C’est un équilibre subtil : accepter de renoncer à une partie du potentiel de hausse pour limiter les pertes lors des phases de stress. Car si la performance attire, c’est bien la gestion du risque qui permet de rester investi dans la durée. Se couvrir, c’est aussi reconnaître que les marchés ne sont pas linéaires. Les cycles économiques, les chocs macroéconomiques ou les changements de régime de taux imposent une construction de portefeuille robuste et adaptable.
Notre philosophie : la couverture commence par l’allocation
Contrairement à une idée répandue, la couverture ne s’effectue pas uniquement avec des produits complexes. Dans nos portefeuilles, elle repose avant tout sur l’allocation d’actifs. Nous faisons un choix clair : nous n’avons pas recours aux produits dérivés ou aux structures complexes pour couvrir nos portefeuilles. Cela implique que toute la construction du portefeuille doit intégrer, dès le départ, une logique de gestion du risque. Notre première ligne de défense est donc une diversification réelle, construite entre classes d’actifs, zones géographiques, secteurs et moteurs économiques. L’objectif n’est pas d’empiler des positions, mais de combiner des expositions qui réagissent différemment selon les environnements de marché.
Une couverture dynamique, pas figée
Au-delà de l’allocation structurelle, notre gestion est active. Nous adaptons les expositions en fonction des conditions de marché, notamment lorsque les risques deviennent asymétriques. Cela peut passer par des ajustements tactiques entre actifs risqués et défensifs, mais aussi par l’intégration de stratégies spécifiques lorsque le contexte le justifie. Nous utilisons également des solutions de couverture plus ciblées, par exemple sur le risque de change ou les taux d’intérêt. Ces outils peuvent être pertinents dans certaines phases, comme lors de fortes hausses de taux ou de mouvements marqués sur les devises, mais ils ne sont jamais utilisés systématiquement. Leur coût et leur horizon doivent être cohérents avec la stratégie globale.
Couverture : assurance ou stratégie ?
Dans notre approche, la couverture n’est pas une fin en soi, mais elle est avant tout intégrée comme un élément de stabilisation du portefeuille. Nous ne cherchons pas à “gagner” grâce à la couverture, mais à éviter que certains scénarios ne remettent en cause la trajectoire d’investissement. L’enjeu est de lisser les performances et de maintenir une cohérence avec les objectifs de long terme. C’est ce qui permet à nos clients de rester investis, même dans des environnements plus incertains.
Trouver le bon niveau de protection
L’une des erreurs les plus fréquentes est de vouloir trop se couvrir. Une protection excessive peut éroder la performance et détourner le portefeuille de son objectif initial. Le bon niveau de couverture dépend toujours du profil de l’investisseur, de son horizon et de sa capacité à accepter la volatilité. Il évolue également avec le cycle économique. Dans notre gestion, nous cherchons avant tout un équilibre : protéger suffisamment pour éviter les pertes majeures, mais pas au point de neutraliser le potentiel de croissance. Une bonne couverture est celle qui permet de rester investi sereinement, sans réactions émotionnelles.
Le rôle clé des actifs alternatifs
Les actifs alternatifs occupent aujourd’hui une place importante dans nos portefeuilles. Leur intérêt réside dans leur capacité à apporter des sources de performance décorrélées des marchés traditionnels. Nous intégrons ainsi des stratégies qui ne dépendent pas directement des marchés actions, comme certaines approches de hedge funds ou des expositions spécifiques aux matières premières et à l’immobilier coté. Ces actifs réagissent à d’autres dynamiques économiques et contribuent à renforcer la résilience globale du portefeuille.
Conclusion
Se couvrir, ce n’est pas chercher à éviter les fluctuations, mais construire un portefeuille capable de les traverser. Notre rôle en tant que gestionnaire est précisément là : combiner allocation stratégique, ajustements tactiques et diversification des sources de performance pour offrir des portefeuilles robustes, adaptés aux différents environnements de marché.
Car au final, la vraie réussite en investissement ne réside pas dans l’absence de pertes, mais dans la capacité à rester investi et discipliné tout au long du cycle.
Envie d'aller plus loin ?
Ces questions de couverture et de gestion du risque sont au cœur du métier de gestionnaire de portefeuille. Nous les abordons en détail dans le dernier épisode du podcast de
l'Écho
. Entre convictions de marché, choix d'allocation et gestion des phases de stress, nous partageons notre vision et notre façon concrète d'appréhender la construction de portefeuille. Un échange direct et sans jargon, pour mieux comprendre ce qui se passe vraiment dans nos portefeuilles.
À écouter ici :
https://www.lecho.be/r/t/1/id/10658451
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Julien Decraecker
Chief Investment Officer